L’histoire du Domaine des Thomins

Cette histoire débute au tout début des années 30 avec l’acquisition par un riche propriétaire parisien, d’importantes surfaces agricoles et sa décision de faire construire une élégante demeure de villégiature dans le département de l’Orne. D’origine aveyronnaise, cet entrepreneur avait construit sa fortune, avenue de la Grande-Armée à Paris, dans l’hôtellerie-restauration ainsi que dans l’exploitation de salles de cinéma qui à cette époque connaissaient un énorme succès commercial !

1931 – Construction au lieu-dit les Thomins de la maison et d’un bâtiment que l’on aperçoit à l’arrière plan. Nous pouvons remarquer sur cette photo l’importance du terrassement au premier plan, le côté rudimentaire des équipements d’accès en hauteur et l’aspect brut de la façade. Le gros -oeuvre et les fermetures sont visiblement terminés.

1932 – Des visiteurs viennent voir la maison tout juste terminée. Il y a deux entrée. La première côté ouest (à gauche) par la cuisine et l’autre, au sud par le hall d’accueil. La terrasse abritée existe déjà avec sa structure en béton armé moulé très en vogue sur la côte normande à cette époque. Un épais enduit crépi en ciment de couleur grise recouvre la façade au niveau du rdc, tel qu’il était d’usage au début des années 30. La partie supérieure étant quant à elle peinte dans le style normand avec colombages en trompe-l’oeil.

1933 -Le portail d’entrée est blanc avec des ferrures de couleur noire. Restauré à l’identique en 1978 et 2020, les ferrures et la structure en béton moulé que l’on peut voir aujourd’hui, sont celles d’origine. Dès que la maison fut construite, l’ensemble du parc et de la propriété furent intégralement clôturés avec poteaux et lisses en béton tous peints en blanc.

1934 -Le parc et les allées sont désormais fraîchement arborés de jeunes plants dont certains d’entre eux sont aujourd’hui devenus de majestueux arbres quasi centenaires !

1935 – Juste derrière la clôture, passage du train allant de Gacé à Orgères. Le dénivelé important en direction d’Orgères obligeait les passager à descendre des wagons-voyageurs afin de permettre à la locomotive de faire grimper l’abrupte côte au convoi ! Cette ligne de train a perduré jusqu’à la fin des années 50. Seule persiste aujourd’hui la maison du passage à niveau de la D232 juste en face du chemin conduisant au Domaine des Thomins ainsi que la clôture de part et d’autre du chemin d’accès. En observant la prairie longeant la propriété, nous distinguons un léger dénivelé correspondant à l’emplacement de la ligne de chemin de fer.

1935 – La Basse-Normandie étant un haut lieu de production de Calvados, le propriétaire des Thomins avait décidé de produire lui même son calva issu de son propre cidre pressé sur place avec les pommes de ses vergers qu’il faisait récolter par ses fermiers. Nous pouvons penser qu’il s’en servait pour approvisionner par lui-même ses propres restaurants parisiens ! Sur cette photo nous pouvons apercevoir le bâtiment arrière et notamment la porte d’entrée du local à l’intérieur duquel il y avait un broyeur et un pressoir. Les pommes étaient stockées à l’étage supérieur et acheminées vers le broyeur via une goulotte emboutie sous un grand entonnoir en acier galvanisé.

1935- La cuisine disposait à cette époque d’une porte d’entrée côté ouest de la maison que l’on aperçoit sur la gauche de la photo. Concernant son équipement, une cuisinière en fonte de céramique sert de piano et de fourneau. Le plan de travail supporte quant à lui un réchaud à gaz et sous celui-ci nous pouvons distinguer une poubelle. Seuls aujourd’hui perdurent les carreaux de ciment, car tout ce matériel a été remplacé fin des années 70 par une cuisine équipée avec des façades en chêne massif. Cette dernière a été complétée à l’identique au printemps 2020 afin de disposer de plus de rangements et de gagner en praticité. Très innovant au temps du premier propriétaire, une chambre froide avait été réalisée au sous-sol ! Elle sert aujourd’hui de cave à vin et à épicerie sèche !

1935- La Chambre Les Bellevues ! Etait-ce une chambre pour enfant ? Sans doute que non car le propriétaire n’eut pas de descendance directe. Nous discernons à l’angle situé entre les 2 fenêtres, un petit landau avec une poupée. Il est probable que la prise de vue ait eu lieu en milieu ou fin d’après-midi au regard de la luminosité de la fenêtre sud et des persiennes métalliques fermées qui à l’ouest, protègent avantageusement du soleil l A la fin des années 70, toutes les persiennes orientées sud et ouest furent remplacées par d’épais volets en bois à l’exception de la très grande porte-fenêtre du salon donnant sur la terrasse abritée.Le bois isolant bien mieux que le métal, ces volets apportaient par ailleurs une esthétique plus conforme au style de la région.

Années 40 – Vue sud-est de la maison. Les façades Sud et Est ainsi que la terrasse abritée sont recouvertes de lierres ce qui, soit laisse présager d’un possible relâchement quant à l’entretien de la maison, soit d’une conformité aux modes de cette période. La disparition des allées du jardin à la française provient quant à elle, peut-être d’un angle de vue ne permettant pas de les apercevoir à moins que le propriétaire ait du céder malgré lui à la luxuriance de la végétation. Quoi qu’il en soit, le style de la maison perdure et les personnes prenant la pose sur la terrasse supérieure du premier étage semblent continuer d’admirer la vue !

Années 40 – Les hivers étaient bien plus rigoureux à cette époque ! Le Domaine des Thomins est sous la neige ce qui ne semble pas effrayer les lapins du premier plan ! Les épineux ont visiblement pris de l’ampleur, ce qui permet de dater approximativement la prise de vue plutôt vers la fin des années 40 !

Années 40 – Non seulement à cette époque les hivers étaient plus rigoureux mais la faune sauvage devait probablement être bien plus abondante ! Au regard du grillage posé sur le portail, en plus du fait que l’ensemble du Domaine des Thomins était clos, il devait paraître utile au propriétaire de se prémunir des animaux destructeurs de cultures ou d’autres prédateurs de volailles.

A très bientôt pour la suite de ce chapitre consacré à la petite histoire du Domaine des Thomins !